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Emeutes aux Pays-Bas

Elles auront suscité pas mal de réactions de la part des lecteurs de ce blog et ma foi, elles ont surpris aussi les Néerlandais peu habitués à ces démonstrations. Pensez donc ! Les dernières émeutes aux Pays-Bas remontent à l'année 1980, le jour du sacre de la reine Béatrix, la mère de l'actuel roi... Emeutes sur fond de crise du logement à Amsterdam.

Cette fois-ci, rien à voir : un mélange de militants opposés au confinement - pourtant dans un pays considéré par beaucoup d'autres comme l'un des plus laxistes d'Europe - de complotistes de tous bords et de jeunes venus en découdre avec la police et profiter de la situation pour piller des magasins, incendier des voitures... dans une douzaine de villes du pays dont Rotterdam, Amsterdam ou encore La Haye.

 

Les troubles sont survenus au lendemain de l'instauration de mesures sanitaires plus strictes pour enrayer la propagation du coronavirus, dont un couvre-feu, une première dans le pays depuis la Deuxième Guerre mondiale - pourtant moins contraignant qu'en France (de 21 h à 4 h 30).

 

Pendant que le Premier ministre Mark Rutte dénonçait une "violence criminelle" qui n'avait rien à voir avec la manifestation, le ministre des Finances parlait de "racaille" à propos des pilleurs... En tout cas, le gouvernement néerlandais a prévenu qu’il ne ferait pas marche arrière sur l'instauration du couvre-feu.

 

  On sent bien que comme dans beaucoup d'autres pays européens, la frustration grandit. Les procédures devant la justice se multiplient : pour dénoncer l'illégalité du couvre-feu - une cour d'appel a retoqué le jugement d'un tribunal de La Haye... Le couvre-feu est prolongé jusqu’au 15 mars, veille des élections législatives. Pour appeler à la réouverture des magasins non-essentiels. Pour permettre la réouverture des terrasses de café...

Les temps ont bien changé depuis l'époque (l'an passé) où le pays faisait partie de ceux qui se contentaient de s'en remettre au sens des responsabilités et à l'auto-discipline de sa population qu'il disait ne pas vouloir "infantiliser" en la confinant ou en l'obligeant à porter le masque. Le contrecoup aujourd'hui est douloureux d'autant plus que les Néerlandais n'ont pas compris pourquoi leur pays a été le dernier à lancer sa campagne de vaccination au sein de l'Union européenne.

 

Alors que de France, à travers les journaux radio ou télé ou encore à la lecture de la presse , on avait l'impression que la situation était gravissime aux Pays-Bas, que c'était la Révolution, ici, même si la population a été choquée par ce qui s'est passé, on a plutôt le sentiment d'avoir été les témoins d'un "accès de fièvre" qui n'aura duré que le temps d'un week-end...

J'en serais presque à penser que certains médias français sont contents de ce qui arrive dans un pays considéré comme un tant soit peu donneur de leçons... 

 

Très peu d'assouplissement des règles : les magasins non-essentiels restent fermés tout comme les musées, cinémas, salles d'exposition, les cafés, les restaurants... La routine, quoi !

Emmanuelle est contente : son coiffeur préféré ouvre dès lundi : sauvée !

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