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Le Musée de la prison de Veenhuizen

C'est notre amie Carla qui nous a conseillé cet endroit dans le Westerkartier : le National Prison Museum consacré à l'histoire de la criminalité et des prisons néerlandaises. On y a découvert les conditions de vie des prisonniers autrefois, les châtiments qui leur étaient réservés (travail forcé, pilori, échafaud, croix de bois...) Drôle de choix, pensez-vous pour des vacances où l'idée première est quand même de se changer les idées.

Mais le plus important était surtout de revivre ce que fut l'endroit avant de devenir une prison : un lieu d'expérimentation sociale ! Cela s'est passé au début du 19è siècle, quelques temps après le départ des Français et de son roi, le frère de Napoléon 1er. La pauvreté régnait partout dans le pays composé à l'époque de la Hollande et de la Belgique : plus d'un tiers de la population vivait de la charité.

Pour tenter d’éradiquer ce phénomène se crée à l’initiative de hauts fonctionnaires, de l’élite aristocratique, de milliers de citoyens et de l’état une Société de Bienfaisance. Son objectif, c’est améliorer la condition des pauvres et des classes populaires en leur offrant du travail, des moyens de subsistance et une éducation.

 

La Société de Bienfaisance achète donc des terrains dans des endroits reculés du pays sur des terres incultes. On y construit des lieux de vie avec écoles, églises, filatures… ainsi que des petites fermes. Ainsi apparaissent sur le territoire 7 « Colonies de la Bienfaisance ». Elles sont de deux types : les colonies « libres » peuplées de famille « volontaires » qui ont choisi de s’y installer et qui peuvent retourner à « la vie normale » quand elles le veulent. Et les colonies « forcées » dans lesquelles sont intégrés de force les mendiants et vagabonds considérés comme des criminels. On y accueille aussi beaucoup d’enfants orphelins.

 Entre 1822 et 1869, 8916 orphelins furent acheminés jusque dans la colonie de Veenhuizen. Leur moyenne d'âge était de 11 ans. 2118 orphelins sont morts durant leur séjour.

 Le projet était de fournir aux nouveaux colons de quoi se loger, de leur apprendre un nouveau métier pour subvenir à leurs besoins (à terme de rembourser leur « dette » vis-à-vis de l’État grâce aux excédents agricoles), de leur inculquer la discipline (… )

 C’était aussi d’accroître l’approvisionnement alimentaire du pays, de stimuler la production agricole, d’utiliser de nouvelles techniques agricoles, de désengorger les villes (… )

 

A Veenhuizen, comme dans les autres colonies, le système mis en place s'est révélé quelque peu dysfonctionnel pour plusieurs raisons : les coûts ont été supérieurs aux recettes, les connaissances des colons en matière d'agriculture étaient insuffisantes, la discipline recherchée laissait à désirer, les terres s'épuisaient plus vite que prévu, les récoltes s'en ressentaient. En outre, beaucoup de voix se sont élevées à l'époque contre le bien-fondé, contre la "légalité morale" de ce projet.

 

Cette expérience novatrice, qui a bouleversé des vies entières s’est soldée par un échec économique et s’est arrêtée vers 1860. La colonie de Veenhuizen est devenue un centre pénitentiaire.

 

Deux "repris de justesse" se cachent ci-dessus. A vous de les retrouver !...

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