L'eau aux Pays-Bas (4)

L'assèchement du lac d'Haarlem

Il y a quelques semaines de cela, je me suis rendu en voiture  jusque dans le « triangle » formé par les villes d’Haarlem, de Leyde et d’Amsterdam. C’est là que se trouvait encore au milieu du 18è siècle le plus grand lac du pays, le Lac de Haarlem ou Haarlemmermeer, une véritable mer intérieure  de près de 1200 km² de superficie.      Au 19e siècle, on extrayait la tourbe dans cette zone tourbière qui s'est transformée au fil du temps en de grands lacs suite aux flux d’eau. Le lac Haarlemmermeer constituait une menace croissante pour les villes et les villages environnants.

Dès le 17è siècle , des projets d’assèchement du lac ont vu le jour.  Tous ces projets ont rencontré la résistance des grandes villes. Leyde voulait conserver ses droits de pêche et Haarlem tirait un profit considérable de la navigation. L'eau du lac a également servi à vider les canaux des villes. 

Lors de tempêtes, des étendues de terre de plus en plus grandes et parfois même des villages entiers étaient engloutis par les eaux. Le risque qu'Amsterdam et Leyde soient inondées devenait trop élevé et le roi de l’époque, Guillaume 1er, a donc décidé en 1836 d'assécher le lac d’Haarlem.

Une féroce bataille éclata entre les partisans de l'utilisation des moulins et des machines à vapeur. L’assèchement  du Haarlemmermeer est devenu un projet de prestige pour le roi Guillaume Ier, qui s’intéressait au progrès technique : il a opté pour le pouvoir de la vapeur.

 

 Des ingénieurs et des techniciens des Pays-Bas et d'Angleterre ont calculé que 3 moteurs à vapeur géants seraient suffisants pour pomper le lac à vide en lieu et place de 160 moulins à vent !

 

 A partir de 1840, de nombreux travaux ont été consacrés à la construction des 63 km de digue circulaire et du canal périphérique autour de Haarlemmermeer. A noter que c’est la première fois que des travaux d’assèchement  sont pris en mains par l’Etat.

 

Trois stations de pompage ont été construites à vapeur ont été construites et ont reçu  le nom de célèbres ingénieurs en hydraulique néerlandais. Leeghwater (1575-1650) qui fut l'un des premiers à vouloir assécher le Haarlemmermeer, Cruquius (1678-1754) géomètre, cartographe, météorologue et le baron van Lynden (1761-1845), qui a rédigé le plan sur la base duquel le drainage final du Haarlemmermeer a eu lieu.

 

 

 

La station de pompage De Leeghwater achevée en 1845 a servi de prototype pour les deux autres.

Cette station de pompage située  dans la partie méridionale du polder actuel est toujours en usage.

 

 

 

 

 

La station de pompage de  Lijnden est située au nord du Lac d'Haarlemmermeer. Elle se trouve aujourd'hui à proximité de l'aéroport international de Schiphol, construit dans les années 20.

Contrairement aux deux autres stations, celle De Cruquius a été mise hors service en 1932 pendant que les deux autres stations ont été modernisées. Promise à la destruction, elle a été sauvée par des bénévoles qui ont décidé d'en faire un musée qui a gardé son état originel.

 C'est la plus grande machine à vapeur au monde et la mieux préservée avec un moteur équipé d'un cylindre de 3,66 m de diamètre. Cette machine entraîne huit bras de 10 tonnes chacun qui agissent comme des tentacules agissant sur des bras de levier vers l'extérieur. Ces bras sont articulés autour d'un piston central. Les bras effectuaient cinq courses par minute.   A chaque fois, cela permet de pomper 8 000 litres d’eau jusqu’à 5 mètres de haut par course : l’eau était ensuite évacuée dans le canal circulaire.

En 1852,  ce sont 800 millions de mètres cubes d'eau qui ont été pompés et 18 300 hectares de sol fertile qui ont été « poldérisés »

 Au total, le coût de remise en état a coûté plus de 10 millions de florins.

 

 L’an passé, nous avions déjà visité le lieu mais sans voir les pompes en action. Selon la personne à l’accueil, il suffisait de demander !... Séance de rattrapage donc avec un groupe d’Anglais à qui une Bénévole du musée donnait des explications en néerlandais. Puis, un des membres traduisait ensuite en anglais pour ses congénères ! C’est comme ça que l’on progresse en langues !

 

L’an passé, nous avions déjà visité le lieu mais sans voir les pompes en action. Selon la personne à l’accueil, il suffisait de demander !... Séance de rattrapage donc avec un groupe d’Anglais à qui une Bénévole du musée donnait des explications en néerlandais. Puis, un des membres traduisait ensuite en anglais pour ses congénères ! C’est comme ça que l’on progresse en langues !

Désormais un système hydraulique moderne met le système en service plusieurs fois par jour, afin que vous ayez une idée de ce qu'il était autrefois. C’est ma foi impressionnant à voir (ndrl : je vous ai mis un peu de musique sur la vidéo pour vous épargner les grincements de la machine !)

 

Pour avoir un aperçu du fonctionnement de cette impressionnante station de pompage, voici d'abord une première vidéo tournée à l'intérieur de l'édifice (nb : j'ai mis de la musique pour vous épargner les grincements et autres couinements de la machine...), puis une seconde vidéo filmée à l'extérieur.

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