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L'eau aux Pays-Bas (3)

 Au Moyen Âge, la puissance de l'eau courante a été largement utilisée à l'est et au sud du pays dans des moulins à eau.
Dans l'ouest des Pays-Bas, on cherchait un autre moyen de faire tourner les moulins. À partir du 11ème siècle, les gens ont commencé à utiliser la force du vent. Ils ont commencé à construire des moulins où le vent soufflait beaucoup, la partie plate des Pays-Bas.  

Les moulins à vent sont le symbole des Pays-Bas. Construits en majorité au XVIe et XVIIe siècles, on en a compté à un moment plus de 10 000 en action sur tout le territoire.  Ils ont ensuite disparu avec l’arrivée de la vapeur, de l’essence et enfin de l’électricité. On a même offert à un moment des primes pour la destruction des moulins qui ne servaient plus. Aujourd’hui, il en reste encore 1200.                                                           

Le moulin à farine était et reste le type de moulin le plus important. À ce jour, il en existe encore beaucoup qui sont encore en fonctionnement (comme à Schoorl)

Aux 17e et 18e siècles, dans toutes les grandes villes, on a vu apparaître des moulins industriels de toutes sortes :  moulin scierie qui sciait du bois (pour les maisons et les navires), moulins à huile, moulins à papier, moulins à épices, moulins à baratte, moulins à moutarde, moulin à seigle et orge malté à partir desquels on distillait l'eau de vie pour obtenir le genièvre, moulins à tabac, moulins à pigments pour la peinture....

 Mais les moulins qui ont fait la réputation des Pays-Bas, ce sont les moulins à polder  ou moulins à drainage qui ont permis d’assécher de grands lacs aux 16e et 17e siècles.

Au début du XVe siècle, un moulin de polder a été pour la première fois construit aux Pays-Bas, dans la ville d'Alkmaar. Ce premier moulin de polder néerlandais, construit en 1407, est toujours en service. L'usage de nouveau type de moulin s'étant avéré un succès, plusieurs autres moulins de polder, semblables à celui d'Alkmaar, ont été construits. 

La partie supérieure d'un moulin de polder, à la structure en bois de forme octogonale, peut être mis en rotation grâce à un axe vertical, permettant aux ailes d'être activées par le vent. Grâce au vent qui mettait en action un système fonctionnant comme une pompe, les moulins évacuaient l’eau derrière les digues et servaient ainsi à assécher les marais et les terres conquises sur la mer qui sont dans le pays si nombreuses. 

Le Schermer était  un lac de plus de 4 mètres de profondeur d’une superficie de 4 726 hectares pas très loin d'Alkmaar (cercle bleu ci-dessus).  Entre 1633 et 1635, 52 moulins à polder octogonaux ont permis de l’assécher. Deux ans plus tard, les premières fermes démontables étaient prêtes. Bien que le sol n’était pas aussi fertile qu’espéré, l’opération était une réussite. 

Comment  le polder a été  créé ?  Une digue circulaire a été créée tout autour du lac. Les premiers moulins ont été construits sur cette digue. La hauteur d’eau que ces moulins pouvaient surélever était d'environ un mètre. Lorsque le niveau de l'eau a été réduit au point que les moulins à vent ne pouvaient plus pomper d'eau, on construisait une nouvelle digue avec une deuxième rangée de moulins.

  La deuxième série de moulins n'était cependant pas encore suffisante pour vider toute l'eau du Schermer. Une troisième et même une quatrième série ont dû être construites : cela a abouti à un système de pompage par étapes unique: quatre «étapes» d'un mètre étaient nécessaires pour évacuer toute l'eau de polder dans le canal circulaire. Une fois le lac asséché, les moulins sont restés nécessaires pour empêcher le lac de se remplir à nouveau.

De 1635 à 1850, l'on pompa l'eau à l'aide d'une roue à aubes d'un diamètre de 6 mètres et d'une largeur de 38 centimètres. La hauteur de refoulement se trouvait alors à environ 1 mètre.

A partir de 1850, la roue à aubes est remplacée par une hélice (ou vis d'Archimède = vis sans fin) qui pouvait atteindre une hauteur de refoulement de 1,50 mètre, mais qui avait besoin d'un vent plus intense pour démarrer.

Physionomie de la région avant 1635


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Commentaires: 3
  • #1

    A.NOUGUIER (jeudi, 21 octobre 2021 15:21)

    Bonjour,
    Heureux de voir et lire ce contenu assez bref.
    Mon grand père a participé à la réparation de la digue qui a malheureusement causé la mort de plusieurs milliers de personnes par inondation d'une eau froide dans la nuit. La reconstruction a été faite avec des fascines de bois mêlées tirés par des remorqueurs face à la mer qui continuait de rentrer dans le polder. Ces remorqueurs les plaçaient face à l'alignement de la digue restante. Ceci permettait aux camions de l'époque de reculer pour vider leur chargement de rochers dans les fascines, tout cela à la lumière modeste des lampes blafardes en pleine nuit ! La digue fut réparé, mais les pompiers eux aussi en pleine nuit ont essayer de sauver un maximum de personnes sur le point d'être noyés. Ils ont été témoins et durablement perturbés par la mort sous leurs yeux de personnes qui n'ont pas pu être sauvé par la montée des eaux.

  • #2

    A.NOUGUIER (jeudi, 21 octobre 2021 15:31)

    J'oubliais, le plus inhabituel, le commandement des 2 équipes à chaque extrémités de la digue été fait à coup de sifflet de mon grand père Willem KOK , déjà connu pour cet usage : son sifflet buccale pouvait être entendu à presque 2 kms.

  • #3

    A.NOUGUIER (lundi, 01 août 2022 14:12)

    Depuis la création du polder, les pluies ont appauvrit la teneur en sel des terres ainsi découvertes. Le système de pompage aidant à évacuer cette eau saumâtre. A leur début, les terres ont contribué à alimenter des bovins, qui acceptent de manger de l'herbe salée. Maintenant les terres plutôt sableuses sont connues pour faire pousser les tulipes et d'autres bulbes. D'autres moulins sont apparu en Hollande, des moulins pour produire de l'électricité.