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Le Royaume des Mille Îles

A une vingtaine de kilomètres de Schoorl, avec les amis de Touraine, Chantal et Stan, nous sommes allés à la découverte de ce qui reste du « Royaume des Mille Îles ».

 

Sur la façade du musée, on voit tout de suite ce que fut cette région avant le remembrement de 1960 avec ses milliers de petites îles.

 

Au début du 18ème siècle, des milliers d’îles ont été formées par le creusage et le dragage des fossés dans la région de Broek op Langedijk . La boue fertile ainsi récupérée était répandue sur la terre des îles, ce qui permettait de les surélever et de les rendre très propices à la culture.  Les champs restaient tempérés les nuits de gel grâce à l’eau qui les entourait.

 

 Le Royaume des Mille Îles est surtout connu pour sa production de choux, mais on y cultivait d’autres légumes comme les pommes de terre, les carottes, les oignons, les endives, les haricots verts…  On récoltait souvent deux fois par an sur la même portion de terre. Chaque maraîcher possédait en moyenne 10 à 15 îlots.

 

Jusque vers 1920, tous les déplacements se faisaient par voie maritime au Royaume des Mille Îles : chaque maraîcher poussait sa barque avec une gaffe. Puis sont apparus les premiers moteurs.

 

 

 

 

La région—qui se situe entre 1,50 m et 2 m en-dessous du niveau de la mer—comptait aussi plus d’une dizaine de moulins qui  permettaient d’évacuer l’eau surabondante grâce à un système de pompes ingénieux.

 

Le long de la digue fut construit une écluse qui permettait aux maraîchers de transporter leurs légumes vers les grandes villes comme Alkmaar, Amsterdam, Haarlem ou Rotterdam par voie navigable. En 1902 une voie ferrée a été construite spécialement pour les enchères (elle était reliée à la ligne Den Helder-Amsterdam)

 

 

Dans les halles d’attente, construites entièrement sur pilotis, les maraîchers entraient avec leurs barques remplies de légumes avant de vendre leur production aux enchères. La vente aux enchères commençait quand  la cloche de la tourelle sonnait. Les marchands se rendaient alors dans la salle à une place fixe avec toujours le même numéro.

 La 1ère vente aux enchères dégressives de Broek op Langedijk eut lieu en 1887. Le commissaire-priseur donnait le prix de base et le faisait descendre (sur le grand cadran installé dans la salle, les prix vont en descendant : on peut voir l’aiguille qui tourne) jusqu’au moment où un marchand criait « Mien ! » et appuyait dans le même temps sur un petit bouton placé devant lui. On pouvait alors savoir qui était l’acquéreur en regardant à gauche du cadran.

 

 

L’activité maraîchère s’est arrêtée en 1973 et pour témoigner de ce que fut l’histoire de la région fut créé le musée Broekerveiling il y a quelques années. Avant un tour en bateau au milieu des îles, on peut assister et participer à la reconstitution d’une vente aux enchères comme elle se pratiquait autrefois.  Là, ça devient sérieux ! Si on appuie trop tôt, on peut repartir avec un concombre à 3 €. Si on appuie trop tard, on fait « chou blanc » !

 

Cette-fois-ci, j’ai enchéri 80 c pour un superbe chou vert et 90 c pour une livre de carottes. Un bon rapport qualité-prix, ma foi !

 

 

 

Résumé de notre visite au Broekerveiling dans cette vidéo...

 

 

 

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