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Barbara... par Emmanuelle

 C'était il y a vingt ans, et j'avais vécu sa mort comme une trahison. Comment pouvait-elle nous abandonner comme cela ? Nous, « sa plus belle histoire d'amour ». A cette époque, je croyais à une certaine éternité des romans, des films ou des chansons, mais quand elle nous a quittés, il m'a fallu faire un deuil radical... J'ai arrêté d'écouter ses disques puisqu’il n'y avait plus aucune perspective de la voir en concert, plus aucune perspective de rencontre.

Et pourtant, je l'avais suivie en vraie fan, me rendant deux fois à chacun de ses concerts : une fois au début de la tournée (à Paris donc) et une fois plus tard en province pour la revoir encore.

Tout avait commencé par la découverte de « L'aigle noir » en 1978. « J'avais 15 ans à peine ». Et puis ce fut la révélation lors de son retour sur scène en 1981 : "Pantin merveille".

Suivit le Zénith avec Lily Passion. Puis Mogador et le Châtelet et même Doué la Fontaine dans le cadre du festival d'Anjou. A chaque fois, les mêmes émotions, le même partage avec le public... A chaque fois la même déception quand elle nous annonçait à sa sortie du théâtre qu'elle n'avait pas le temps de rester pour signer des autographes ce soir-là. A Poitiers, elle m'avait ouvert la fenêtre de la voiture où elle repartait avec Depardieu et ils m'avaient signé l'affiche du spectacle que j'avais cartonnée (victoire!). Quelques temps après sa mort, j'avais jeté l'affiche... A quoi bon la garder ?

Combien de temps ai-je mis à réécouter ses disques ? Je ne sais pas... Mais des airs me sont revenus, puis le plaisir d'écouter Mathieu Rosaz interpréter ses plus belles chansons et enfin le plaisir de partager ma passion pour Barbara avec notre voisin hollandais, un ex animateur radio spécialiste, aux Pays-Bas de la chanson française.

Il y a eu aussi ce concert symphonique au théâtre des Champs-Élysées en cette année anniversaire reprenant les thèmes de ses chansons en quatre mouvements. Mais là encore... la grande frustration d'un concert éphémère, non enregistré, dont on ne peut pas garder de traces. Un peu comme une nouvelle mort... Même si le plaisir du temps du concert avait été là.

Alors évidemment, je n'allais pas manquer cette exposition-rétrospective à la Philharmonique

de Paris. J'y suis même allée deux fois à quinze jours d’intervalle en attendant mon train pour Amsterdam. Et deux fois j'ai eu le même plaisir à revoir ces photos d'elle (j'avais demandé à mon frère de me faire des grands tirages photos des pochettes de ses disques à l'époque) à l'écouter et à la voir chanter sur grand écran. C'est vrai, elle nous a quittés, mais c'est vrai aussi que ses chansons ravivent sa présence... Et qu'elles ont quelque chose d'éternel.

Et puis, elle a tellement ressemblé à ma mère (jugez-en plutôt!).

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Commentaires: 2
  • #1

    michelineduffaud@wanadoo.fr (samedi, 30 décembre 2017 22:21)

    Quel bel hommage à Barbara !
    Moi je l'ai découverte tard, très tard, après sa mort...
    Je la connaissais bien sûr, mais n'étais sensible ni à sa voix, ni à ses textes. Maintenant, oui. Beaucoup.

  • #2

    Sylvie (lundi, 15 janvier 2018 19:31)

    Quant à moi, j'ai le souvenir de son dernier concert : c'était à Tours, au Vinci. La voix un peu plus fatiguée que quelques années auparavant au théâtre des Champs-Elysées, où encore avant à l'Olympia...