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Après-midi à Hoorn

Balade du côté de Hoorn, au bord de l'IJsselmeer à environ 45 minutes de route de Schoorl.

Fondée au XIIe siècle, Hoorn, dont le nom signifie « corne , est situé sur une presqu'île qui a la forme d'une corne. . Au XVIIe siècle, Hoorn était un port d'envergure internationale et le siège de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (voir t exte un peu plus bas) On trouve encore beaucoup d'édifices historiques qui témoignent d’un passé riche.

Beaucoup de marins renommés et explorateurs sont natifs de Hoorn, comme Willem Cornelisz Schouten  qui découvre en 1616 le cap Horn qu’il baptise du nom de sa ville natale.

 

Photo 1 : cette place Roode Steen doit son nom au sang qui coulait fréquemment lors des exécutions publiques (rode steen : pierre rouge). Au centre se trouve une statue (19e s.) de Jan Pieterszoon Coen, officier de la VOC, qui fut gouverneur général des Indes néerlandaises

Photos 2 & 3 :  construite en 1532 pour surveiller l'entrée principale du port, cette tour (la Houten Hoofd)

fut surmontée en 1651 d'un clocheton de bois. Au revers de la tour, une sculpture représente une licorne, emblème de la ville.

Photo 4 : au pied de la tour, sculpture en bronze  représentant les héros d'un roman pour enfants de Johan Fabricius publié en 1923 « De scheepsjongens van Bontekoe » qui raconte l'histoire de quatre garçons adolescents  embarquant à bord d'un navire qui va faire naufrage (histoire inspirée par ce qui est arrivé en 1617  au navigateur Willem Bontekoe, natif de Hoorn, dont le bateau sombre au large de Sumatra)

 

Photos suivantes : quelques façades typiques des Pays-Bas. Comme chez nous, c'est toujours impressionnant de voir comment certaines  penchent vers la rue...


Un peu d'histoire...

L’âge d’or de Hoorn fut le 17e siècle. Hoorn était à l’époque, comme Amsterdam et Enkhuizen, un endroit très prospère. De nos jours, des dizaines de monuments et églises témoignent de cette période prospère pour la ville.

 

Le 20 mars 1602, les marchands hollandais fondent ensemble la «Verenigde Oost Indische Compagnie» (VOC ou Compagnie des Indes Orientales considérée comme la première multinationale de l’Histoire. Elle est administrée par 6 chambres (Amsterdam, Rotterdam, Delft, la province de Zélande, Entkuizen et bien sûr Hoorn)

Leur objectif est de commercer avec les Indes orientales, c'est-à-dire les pays de l'océan Indien et de l'Insulinde, et d'en ramener les épices sans lesquelles il n'est pas de bonne cuisine : clous de girofle, poivre, noix de muscade…

  Mais la compagnie se livre aussi à de simples activités d’intermédiaire des échanges, achetant pour échanger plus loin et ainsi de suite.

Par exemple, la compagnie exporte de la côte de Surate du textile vers Ceylan et Batavia. Toujours à Surate, elle achète d’énormes volumes de textiles indiens, et elle les échange ensuite à Sumatra contre du poivre, de l’or et du camphre. Les Hollandais vendent au Siam des épices, du poivre et du corail contre l’étain, dont ils se sont réservé le commerce, mais aussi de l’or, des peaux de cerfs destinées aux Japonais, des peaux d'éléphants pour le Bengale. Ce dernier pays fournit à la compagnie la soie, le riz, le salpêtre, tandis que les Japonais fournissent le cuivre…

 

Pendant près de deux siècles, elle fut  l’un des piliers de la puissance du capitalisme et de l’impérialisme néerlandais. Pour preuve, quelques chiffres qui parlent d’eux-mêmes : en deux siècles d’existence, la compagnie arma environ 4 700 navires, dont 3 000 au seul XVIIIe siècle. Sur ces navires, la compagnie fit voyager environ un million d’européens. Le volume de son commerce dépassa 1 600 millions de florins au XVIIIe siècle.

 À sa flotte marchande, la compagnie peut ajouter en temps de guerre plus de 40 grands vaisseaux, ce qui dépasse les possibilités de nombre de royaumes européens. 

 À la fin du XVIIe siècle, la compagnie entretenait déjà de 100 à 160 navires selon les estimations, ce qui signifierait qu’elle dispose au moins de 8 000 marins, plus des garnisons de soldats . En ajoutant les employés qui se dédient à l’organisation de son commerce, à la production de ses marchandises, on arrive à un total de 80 000 personnes en 1735, ce qui donne une idée de l’importance de la compagnie.

 De conquête en conquête, la VOC va créer le deuxième empire colonial du monde après l'empire britannique (en terme de richesse) !

 La guerre des Provinces Unis contre l’Angleterre en 1780-1784 va terriblement affaiblir la compagnie, les recettes vont lourdement chuter, la compagnie réduit donc la voilure de sa flotte et se retrouve dans de graves difficultés financières (on parle aussi beaucoup de corruption à l’époque…)

 Finalement, la VOC ou Compagnie des Indes Orientales est dissoute en 1799.

 

Bateaux mouillant dans le port de Hoorn aujourd'hui...

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Commentaires: 3
  • #1

    michelineduffaud@wanadoo.fr (dimanche, 22 octobre 2017 10:12)

    Si on fait la balade à vélo en Hollande l'an prochain, j'aimerais bien voir cette jolie petite ville au passé riche et intéressant.
    Beaucoup moins exotique : cet am, pour moi, balade à vélo avec une amie, vers Veigné, Esvres ...
    Histoire d'entretenir les jambes !
    Et ce soir, j'irai sans doute voir la Palme d'or tant décriée paraît-il...
    Bises .

  • #2

    stanislas (dimanche, 29 octobre 2017 19:08)

    Salut je viens de lire l'historique de la compagnie des indes ,mais j'aimerai amener une info supplementaire au début du 18°celui que l'on nommera Pierre le grand fera un stage de pusieurs mois dans les ateliers de fabrication des bateaux en lien donc avec cette compagnie bien sûr incognito , car être empereur et travailler à construire des bateaux aurait pu être dangereux pour lui ,mais les dirigeants des constructeurs étaient au courant
    stan

  • #3

    Gérard (lundi, 30 octobre 2017 17:51)

    Merci Stan pour ta contribution à ce blog ! Cela fera l'objet d'un futur billet - j'ai déjà lu pas mal de choses sur cette "histoire" rocambolesque - mais auparavant, il faut se déplacer à Zaandam, au nord d'Amsterdarem. Ce sera fait à notre retour aux Pays-Bas.